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L-O-L-I-T-A, moi Lolita

Ça faisait longtemps que je me demandais d'où venait ce mot, ou ce nom : Lolita...si joli, si poétique, et chargé de tant de sensualité...En faisait des recherches sur Internet, je suis tombée sur le roman qui a fait connaître ce nom, le fameux Lolita de Vladimir Nabokov. En le réclamant à la librairie, le vendeur me l'a tendu d'un air de bien entendu, comme s'il n'y avait plus que moi sur Terre à ne pas l'avoir lu. M'enfin, c'est chose faite aujourd'hui, et en effet, pour les amoureux de la littérature, ce roman doit être un véritable livre culte. Ça l'est devenu pour moi, en tout cas...

Je l'ai tout simplement adoré. Mais pour être franche, je me suis sentie mal à l'aise pendant toute la lecture de ce livre.

Le livre est écrit à la première personne du singulier. Sachant que ce type d'écriture amène logiquement l'auteur à s'identifier au héros, de manière encore plus forte que si c'était écrit à la troisième personne du singulier, vous devinerez comment il est difficile de se mettre dans la peau d'un pédophile. Parce que, en tout cas à mon humble avis, le héros n'est rien d'autre qu'un pédophile.

Mais un pédophile bien particulier. Un homme cultivé, intelligent, séduisant, qui a un vice, mais quel vice ! Il aime les jeunes filles. Les toutes jeunes filles. Mais pas n'importe quelle jeune fille.

Pour moi, les Lolita étaient des « femmes enfants », c'est-à-dire de toutes jeunes filles déjà pourvues des charmes d'une femme, en plus d'une terrible tendance à draguer les hommes d'un certain âge.

Et bien, dans ce livre, on apprend que ce mot a été détourné au fil des ans et que son sens premier est différent de celui qu'on lui donne aujourd'hui. Une Lolita est une toute jeune fille, de 9 à 13 ans environ, qui a ce petit je-ne-sais-quoi dans son corps, dans ses mouvements, dans la cambrure de ses reins, dans le grain de sa peau, dans la ligne de ses mollets, dans son odeur d'enfant en sueur, dans ses grands yeux étonnés, qui laisse présager la jeune femme séduisante qu'elle pourrait devenir plus tard si elle ne se laisse pas prendre par la routine de la vie et le conservatisme de son entourage. Elle n'a pas encore les formes d'une adolescente, encore moins celles d'une femme, ses seins sont à peine naissants, son corps encore androgyne. Mais elle a ce petit quelque chose, qui la rend différente des autres petites filles, ce début de sensualité qui fait qu'on se retourne à son passage, qu'un homme va ressentir envers elle un peu plus que ce sentiment de filiation, de tendresse désintéressée qu'on réserve aux enfants. 

Notre héros, lui, n'est attiré que par les Lolita, et pas par les femmes qu'elles deviennent plus tard. Et cette attirance lui est fatale. Il le sait, il a un vice, un vice terrible, qui l'empêche de jouir de sa vie, de sa position d'intellectuel reconnu par ses pairs. Cette attirance le fait sombrer dans les affres du remord, de la frustration, de la folie mentale. Il ne peut la contenir, et tente de la satisfaire par tous les moyens « légaux » : il se rend à des parcs de jeux, aux sorties de l'école, vit à travers ses fantasmes.  Jusqu'au jour où, à peine sorti d'une cure de repos dans une maison de santé, il se rend dans un bled perdu où il est logé dans une pension, et y rencontre la petite fille de la propriétaire. C'est un véritable coup de foudre. Un coup de foudre qui le mènera à épouser la mère juste pour ne pas être éloigné de la fille. Et à partir de là, les événements vont s'enchaîner, et lui permettront de vivre son rêve, en brisant par la même occasion la vie de l'enfant...

Qu'est-ce qui m'a plut dans ce livre...Et bien, tout. Cette façon si particulière de voir les choses à travers le personnage principal, fait qu'on en a une vision un peu tronquée, très subjective, mais laisse par la même occasion toute la place à l'imagination. On devine, plus qu'on ne lit. Tout est déformé, puisque tout est vu à travers ce pédophile : la mère nous apparaît comme un monstre de vulgarité, de mièvrerie et de fausseté, alors qu'en fait, on devine qu'il s'agit là uniquement d'une pauvre quadragénaire à la recherche de l'amour pour passer à deux le reste de ses jours...Surtout, la petite fille, vue par les yeux de son « tortionnaire », nous paraît au prime abord capricieuse, violente, d'humeur changeante, parfois vulgaire, presque antipathique. On se demande ce que cet homme peut aimer en elle, jusqu'à ce qu'on ressente en filigrane sa profonde détresse, et qu'on prenne en pitié cette pauvre enfant à la jeunesse brisée.

Cette façon très crue, aussi, de dire les choses, nous plonge très vite au cœur du roman et de la vie du personnage principal, on a du mal à s'en détacher, malgré le profond malaise qu'on ressent à le lire décrire ses fantasmes, sa manière d'attraper au vol toutes les petites occasions de se faire plaisir, son énumération des charmes de ces demoiselles qui lui font tourner la tête... On est constamment partagé, entre le dégoût et le mépris que ce héros du mal nous inspire, et la pitié pour cet homme qui finit par accepter son vice parce qu'il ne peut rien y faire, et qui tombe amoureux d'une manière tellement violente et tellement désespérée qu'on est irrésistiblement émue...

On est mal à l'aise, mais on continue à lire, à vivre dans sa peau, et aussi, à se bercer au rythme d'une magnifique écriture. C'est simple, plus qu'un roman, c'est un immense poème écrit en prose (ça existe bien, si, rassurez moi... ?). C'est parfois un peu difficile à lire, mais on met ces longues phrases dans un petit coin de la tête, et on se promet de revenir plus tard pour mieux les lire et mieux les goûter. C'est le seul roman, d'ailleurs, qui m'a donné envie d'acheter un petit carnet, et d'y noter toutes les phrases, citations, tous les paragraphes que je lirais et qui feront résonner ma corde sensible...

Donc voilà. Pour moi, c'est définitivement un roman culte, à poser sur sa table de chevet histoire de ne jamais l'oublier. C'est mon deuxième roman culte après les Liaisons dangereuses, de Choderlos de Laclos. Je vous souhaite de le découvrir très vite, et de l'aimer autant que moi...

Ps : je reviens très vite, parce qu'on m'a taguée, ouai !

Vos commentaires

1 Le Vendredi 15 Fevrier 2008 à 03:25 GMT+2, par Maxime Jobin

Tu me donnes envie de le lire! Je note sur ma liste. D'ailleurs j'ajoute un lien vers ton blogue sur mon blogue car je l'aime bien. Bonne soirée (ou autre moment de la journée qui est le tien)

2 Le Mardi 11 Mars 2008 à 21:52 GMT+2, par BritBrit

Fallait me demander, je te l'aurais dit.

3 Le Vendredi 25 Avril 2008 à 12:02 GMT+2, par fanette

Ah oui, Lolita c'est extraordinaire !!!

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