bookalicious

Mais revenons à nos moutons...

...Et c'est le cas de le dire.
Je ne sais pas comment j'ai pu vivre toutes ces années sans connaître Haruki Murakami. Surtout, je ne sais pas à quoi j'étais occupée pour ne pas en avoir entendu parler plus tôt. Probablement à me curer le nez, ou à regarder la nouvelle star sur M6 (ah, Julien, où as-tu disparu, depuis ?). Pourtant, personne en vérité ne m'en avait parlé, je m'étais contentée de déambuler, comme d'habitude, dans la librairie, et mon regard a été attiré par un bouquin avec une belle couverture, toute douce, du genre qu'on a envie de frotter contre sa joue avant d'ouvrir le livre...Et là, ce fut le coup de foudre. De ceux qu'on n'oublie pas, et qu'on aime raconter à ses amis. J'ai même persuadé le couillu de le lire, lui qui n'est que très peu attiré par la littérature orientale. Et lui aussi a aimé, c'est dire !

Ce coup de foudre ne fut pas pour La Course au mouton sauvage, sujet de ce billet, mais pour Kafka sur le rivage. Mais c'est un livre trop difficile à raconter, c'est pour ça que j'ai préféré vous parler de ma deuxième  (et toute aussi merveilleuse) découverte de cet auteur.

Alors, le livre compte 370 pages, et on en passe la moitié à se demander où l'auteur veut en venir. Sauf qu'à la fin du roman, on ne le sait toujours pas. Et le plus bizarre, c'est que ça ne dérange pas.  C'est là la signature d‘Haruki Murakami. Il nous balade dans un univers étrange, à la limite entre le réel et l'imaginaire, on ne sait jamais si les images utilisées sont vraies ou métaphoriques, on se pose dix mille questions, et on hésite entre dix mille interprétations différentes...

L'histoire, en bref. Un jeune homme, publicitaire à Tokyo, vit sa vie au jour le jour, dépressif et déprimant, depuis que sa femme l'a quitté. Rien de bien particulier, donc, jusqu'au jour où un homme bizarre, genre gangster dangereux qui peut foutre votre vie en l'air d'un simple claquement des doigts, vient le trouver avec une photo que son agence a utilisé dans une publicité il y a quelque temps. Et lui explique que le mouton qu'on voit sur la photo, et bien c'est un mouton du genre rarissime, qui n'existe pas au Japon, et peut être même dans le monde entier. Et lui dit qu'il a le choix entre le chercher et le trouver, et gagner en sus un beau paquet de fric, ou ne rien faire et s'asseoir sur sa petite vie paisible et tranquille, qui sera un peu écourtée par le gangster en question. Et dans tout ça, le truc, c'est de ne pas poser de questions.

Le Tokyoïte, déjà bien déprimé, hésite sérieusement à partir à l'aventure jusqu'à ce qu'il rencontre une jeune femme encore plus étrange, mannequin de son état, et qu'il tombe amoureux de ses oreilles (ses oreilles, oui, vous avez bien lu...). Elle le persuade d'accepter la mission, et offre de l'accompagner. A ce stade, la moitié du bouquin est déjà passée, et à partir de là, les événements s'enchaînent.

Malgré tout le caractère « surnaturel » de l'histoire (que je n'ai pas vraiment décrit, parce que je ne veux pas vous gâcher l'effet de la surprise), on se sent par moment très proche du héros, on a presque le goût du whiskey dans la bouche lorsqu'il va prendre un verre dans un bar, on est envahi par cette atmosphère japonaise si dépaysante. Puis, sans prévenir, on bascule dans une ambiance floue, indéfinissable, où on ne comprend pas très bien ce qui nous entoure. Est-ce censé être vrai ? ou est-ce un rêve ? ou une sorte de métaphore ? Et finalement, on baisse les bras et on se laisse tout simplement emporter par la vague, en se disant qu'on finira bien par avoir le mot de la fin lorsqu'on tournera la dernière page. Sauf que...ça n'arrive pas vraiment.  Mais contrairement à d'autres romans, ici, on ne reste pas sur sa faim. On n'a pas cette impression « d'inachevé » qu'on ressent si souvent en finissant des romans soi-disant dans le but de nous faire « réfléchir » On accepte tout simplement de prendre les choses telles qu'elles sont, en admettant ne pas avoir vraiment compris, mais y a-t-il finalement quelque chose à comprendre ?

Pour finir, aucun autre auteur ne m'aurait permit de me découvrir des goûts en commun avec une gentille américaine amoureuse du Japon, et croisée sur une plage perdue en Thaïlande...Oui, j'ai parlé d'Haruki Murakami avec une yankee, que je rencontrais à peine, les pieds dans l'eau, et le regard perdu au loin, exactement ce regard que j'avais après avoir fini ce livre...

Prochaine aventure : Les Amants du Spoutnik (The Spoutnik Sweethearts, si joliment dit en anglais...). Reste à le commander et à attendre un bon mois  avant qu'il me parvienne enfin entre les mains...

 

Vos commentaires

1 Le Vendredi 30 Nov 2007 à 15:23, par petit chaperon rouge

Ca donne envie de lire cet auteur ! mais là ça va attendre un peu parce que j'ai du pain sur la planche ! Alors je note, je note...

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