bookalicious

Au piquet!

En général, quand je lis un auteur pour la première fois, et qu'il me plaît, je me précipite immédiatement vers la librairie pour acheter un autre de ses livres. Et je le dévore. Sauf que, comme pour toute chose en ce monde, plus on aime les premiers, plus on est déçus par les deuxièmes ...Malgré tout, j'ai tellement été séduite et disons le carrément, bouleversée par le Livre de Saphir de Gilbert Sinoué, que la déception provoquée par l'Ambassadrice ne m'a pas empêchée d'en acheter un troisième, puis un quatrième. Et là, bonjour les dégâts !

Avec l'Ambassadrice, ça allait encore. Bon, c'est vrai, je n'ai pas compris qu'on s'embête à écrire la biographie de cette femme qui m'a parut aussi intéressante qu'un placard à balai. Non, mais franchement, quel mérite y a-t-il à se faire une place dans la haute société par la grâce de la promotion canapé, et en se faisant pondre un rejeton par un homme riche et influent ? Oui, elle était très belle, elle savait danser, et blablabla...je suis désolée, je ne peux pas être touchée par ce type de femme, surtout que celle là n'était pas particulièrement intelligente. Après avoir réussi à mettre le grappin sur un pauvre bougre aussi âgé que son père, mais bien gentil, et assez riche pour assouvir ses envies de luxe, elle a quand même trouvé le moyen de s'enticher d'un capitaine bien gneugneu, qui avait juste envie de faire la guerre, et remplir son torse maigrichon de belles médailles (comme ambition dans la vie, on a vu mieux)...et tout ça, pour finir sans le sou, malade et déprimée, et laisser sa fille sur la paille ! Bon Dieu !

Bon, avec Les Silences de Dieu, on a peu rehaussé le niveau de tout ça. J'aurais mieux vu Agatha Christie comme auteur de ce type de polar, mais bon, le suspense y est, l'histoire est quand même bigrement bien imaginée, et surtout, la fin est surprenante et super bien trouvée !

Alors, L'enfant de Bruges, comment dire...le fait d'avoir mis quand même deux semaines pour arriver à lire une cinquantaine de pages aurait du me mettre la puce à l'oreille. Mais voilà, moi, quand je commence un bouquin, je m'acharne, je persévère, et je me dis que la moindre des choses est de respecter le travail de l'écrivain en finissant son œuvre jusqu'au dernier mot. Mais mon Dieu, quelle plaie ! Ce n'est pas facile à expliquer, de prime abord, l'histoire a l'air intéressant, et on ne peut pas dire que Gilbert Sinoué ne sait pas écrire. Et puis, un petit garçon orphelin qui perd son père adoptif et se retrouve seul au monde, et avec des détraqués à ses trousses, ben, moi, en général, ça suffit à me faire verser la petite larmichette. Mais là, vraiment, ce fut difficile. On lit, on attend que quelque chose finisse par nous toucher, par allumer cette petite étincelle qui nous tiendra éveillé toute la nuit au dessus des pages, mais ça ne vient pas, et pire, ça nous énerve, et quand on arrive à la dernière page, ça nous met carrément en colère. Tout ça pour ça ! Pour une fois, je vais parler de la chute, histoire de vous économiser quelques heures précieuses de votre vie, que vous pourriez passer à regarder un bon film, à lire une histoire à votre bébé, ou même à vous épiler au rasoir, vu que c'est une activité bien plus passionnante que cette histoire...

En bref, en Flandre, au XVème siècle, un petit garçon, élevé par le peintre Vermeer (déjà évoqué dans le sublime Jeune fille à la perle de Tracy Chevalier), se retrouve au cœur d'une conspiration qui vise à freiner toutes les avancées de l'époque et toutes les innovations pouvant mettre en péril le pouvoir d'une poignée de notables sur les hommes. Lui, tout ce qu'il espère de la vie, c'est de devenir marin et de partir à l'aventure sur les océans...et ohé ohé matelot...

Mais les méchants ne l'entendent pas de cette oreille, parce qu'ils le savent détenteur d'un secret qui pourrait leur nuire, et donc ils cherchent par tous les moyens à le trucider, mais lui arrive à leur échapper grâce à un valeureux gaillard qui le prend sous son aile. Dans la foulée, il retrouve aussi sa mère, qui se fait bien sûr tuer en essayant de le sauver, bref, beaucoup de mélodrame et de tragédie...ça aurait pu fonctionner si cela avait été raconté sur 1000 pages (le livre en fait 440), mais là, les événements s'enchaînent trop rapidement, ce qui leur enlève un peu de leur substance dramatique. Et pour finir, le gamin comprend que ce secret qu'il est censé connaître, et bien c'est que Vermeer a découvert la technique de la peinture à l'huile...Qu'une bande de fanatiques cherchent à tout prix à étouffer ce secret semble logique, quand on voit comment la peinture à l'huile a bouleversé nos existences à tous...hmm...

J'avais projeté de lire L'égyptienne, dont une amie m'a parlée, mais là, j'hésite. J'ai encore tellement de magnifiques romans à découvrir, je ne sais pas si j'ai envie de risquer une nouvelle déception.

Vos commentaires

1 Le Jeudi 22 Novembre 2007 à 15:42 GMT+2, par petit chaperon rouge

J'arrive chez toi par l'intermédiaire du blog de Caro et je suis bien contente ! oui parce que moi aussi la lecture prend une grande place dans ma vie et qu'il en effet souvent difficile de trouver quelqu'un avec qui en parler ! alors voilà, je te mets dans mes favoris (je vais même créer une nouvelle catégorie "bouquin" pour toi et je reviendrais prendre des idées.
Hier soir j'ai terminé "chagrin d'école" de D. PENNAC et j'ai passé un très bon moment ; si seulement nos enfants (enfin je ne sais pas si tu en as) pouvait tomber sur des profs aussi "habités" que lui, ça serait génial ! Toi qui aimes lire, tu devrais essayer "comme un roman" du même auteur, génial également (je suis un peu à court de qualificatifs aujourd'hui !)

2 Le Jeudi 22 Novembre 2007 à 16:46 GMT+2, par bookalicious

Salut! :-)
Daniel Pennac est un de mes auteurs préférés. J'ai particulièrement aimé toute la série des Malaussène, et j'ai a-do-ré "Messieurs les enfants", où on trouve là aussi un professeur d'un genre bien particulier...
Je n'ai pas encore lu "chagrin d'école", il faut que j'aille m'approvisionner à la librairie vite fait!
Merci pour ton intérêt.

3 Le Vendredi 23 Novembre 2007 à 01:25 GMT+2, par Rimmel

"Mais voilà, moi, quand je commence un bouquin, je m'acharne, je persévère, et je me dis que la moindre des choses est de respecter le travail de l'écrivain en finissant son œuvre jusqu'au dernier mot."
Oh là là! Je pensais être la seule personne assez masochiste au monde pour faire ça! Dans mes bras camarade! Combien de soupirs ai-je poussé, de plaintes laissé échapper, parce qu'un livre était pour moi une déconvenue atroce, mais que, par respect pour l'auteur, je me forçais vaillament à continuer et finir l'ouvrage!
Merci de me faire me sentir moins seule! ;-)

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