Mais qu'est-ce que je fous ici?
Quand j'étais petite, le meilleur cadeau que mes parents pouvaient m'offrir, et bien c'était un livre. Non, pas une poupée barbie (je les trouvais moches, trop plastiques pour faire vraies), pas un de ces derniers jeux à la mode (je créais mes jeux moi-même), mais un bouquin. J'avais une préférence pour la comtesse de Ségur, et le club des cinq. Non, en vérité, j'avais commencé par lire les romans que je trouvais dans la bibliothèque de mes parents, et c'est comme ça que, à l'âge de onze ans, j'avais déjà dévoré toute la série des « Jalna », et quelques autres livres qui n'étaient pas vraiment de mon âge. Je les prêtais même à ma maîtresse de français. C'est comme ça aussi que je suis tombée sur l'encyclopédie du « sexe, mode d'emploi », et que ma première vision du plaisir a été franchement traumatisante puisque je l'ai logiquement associée à mes parents... Mais ça, c'est une autre histoire...
Puis, j'ai découvert « les malheurs de Sophie » et les aventures passionnantes de Claude et ses amis. Mes parents en étaient fiers. Mais ma mère a commencé à s'inquiéter quand elle a vu que j'essayais automatiquement d'appliquer ce que je lisais dans la vie réelle. Me couper les cheveux façon garçon manqué pour ressembler à Claude allait encore, mais quand j'ai acheté une lampe de poche, ma mère a commencé à se poser des questions. J'avoue que ce n'est pas allé plus loin que de balayer le dessous des voitures dans le parking (le gardien m'avait regardé les yeux ronds) ou de m'éclairer quand je lisais la nuit alors que j'étais censée dormir. Ah si, j'ai créé un club à l'école avec trois de mes meilleurs amis. Ça s'appelait les « Inséparables ». On s'envoyait des petits mots en classe pour se donner RDV à la récré et élucider quelques mystères. Comme la tache d'encre mystérieusement apparue sur le cahier de ma copine. On avait aussi acheté des bonbons roses à la poudre de cacahuètes (cherchez pas, il n'y a que chez nous qu'on peut fabriquer des trucs pareils) du vieux et misérable vendeur de sucreries à la sortie de l'école, et on voulait les envoyer tester au labo. Tout ce qu'on aurait pu y découvrir, c'était quelque résidu de morve vu comment le pauvre homme se curait régulièrement le nez, et sûrement d'autres choses moins appétissantes...
Bref. Avec du recul, je me rends compte que si je lisais autant, c'était parce que je m'ennuyais ferme. J'étais la seule de toute l'école (et au monde, aussi) à pleurer quand on sortait en vacances d'été. Les livres me permettaient de vivre des choses fabuleuses, de me mettre dans la peau d'héroïnes courageuses, histoire d'oublier à quel point j'étais moi-même banale.
Aujourd'hui encore, la magie continue. J'ai essayé d'en faire mon métier, mais je n'avais pas le budget pour ouvrir ma propre librairie, et l'édition au Maroc, et bien, comment dire...Non, finalement, il n'y a rien à en dire. Nada, que dalle, zéro. Et je n'ai trouvé personne pour partager le plaisir de parler bouquins, je voyais bien que je soûlais mes amis à leur raconter ce que j'avais pensé de ma dernière trouvaille.
Et donc, vous l'aurez compris, ce blog va représenter un peu ma « tribune d'expression ». Je ne m'attends pas à ce qu'on me lise. Je veux juste...parler. Parler de ce que je lis, de ce que j'en pense, de ce que j'aime et de ce que je n'aime pas. Entre autres choses, j'imagine.
Voili voilà. L'aventure commence.
Par bookalicious, Lundi 19 Novembre 2007 à 01:24 GMT+2 dans Dans la vraie vie (article, RSS)



