Jeudi 29 Nov 2007
Mais revenons à nos moutons...
Par bookalicious, Jeudi 29 Nov 2007 à 21:19 GMT+2 dans J'aime, tout bêtement
...Et c'est le cas de le dire.
Je ne sais pas comment j'ai pu vivre toutes ces années sans connaître Haruki Murakami. Surtout, je ne sais pas à quoi j'étais occupée pour ne pas en avoir entendu parler plus tôt. Probablement à me curer le nez, ou à regarder la nouvelle star sur M6 (ah, Julien, où as-tu disparu, depuis ?). Pourtant, personne en vérité ne m'en avait parlé, je m'étais contentée de déambuler, comme d'habitude, dans la librairie, et mon regard a été attiré par un bouquin avec une belle couverture, toute douce, du genre qu'on a envie de frotter contre sa joue avant d'ouvrir le livre...Et là, ce fut le coup de foudre. De ceux qu'on n'oublie pas, et qu'on aime raconter à ses amis. J'ai même persuadé le couillu de le lire, lui qui n'est que très peu attiré par la littérature orientale. Et lui aussi a aimé, c'est dire !
Je suis déçue. Non, plus que ça, dégoûtée. Et tiens, pire, en colère. Parce qu'on a encore raté le coche. Depuis le temps qu'on prépare le terrain à cette exposition universelle de mes deux, qu'on construit des bâtiments, qu'on balaye les rues, qu'on plante des arbres et des fleurs, qu'on aménage la corniche, il a fallut que cet événement nous file encore entre les doigts. Je vois d'ici la tête désabusée des milliers d'enfants qu'on a réquisitionné dans les écoles pour leur distribuer des petits drapeaux colorés et leur demander de les agiter dans la rue en criant : « Tanger 2012, on y croit ! ». Et le couillu, lui, ne s'en remet toujours pas. Il cuve son chagrin au dessus de sa tasse de café, l'oeil torve, et il a prévenu ses collègues que si l'un d'entre eux lui adressait la parole, il ne répondait plus de ses actes...
Trop naze pour écrire aujourd'hui...Pourtant, il a deux livres dont j'ai super hâte de parler, le bouleversant Maison aux esprits, d'Isabel Allende, et l'étrange Course au mouton sauvage, d'Haruki Murakami. Mais voilà, bébé ne voulait pas dormir , donc maman a du s'en occuper à temps plein, pendant que le couillu (ou l'Homme, si vous préférez) était pris par sa play station (non mais, où va-t-on?)...
Me promener dans la rue, aller là où mes pas me mènent, le visage baigné par le soleil, être attirée par une jolie petite façade, une porte dérobée, y entrer, respirer le parfum envoûtant du papier, des couvertures cartonnées, plastifiées, reliées, mettre un petit panier à mon bras, me balader entre les rayons, bercée par une douce musique, entendre résonner mes pas feutrés sur le parquet, lire un résumé, aimer, déposer le livre dans le panier, me lover dans un fauteuil, boire un thé, discuter de mes auteurs préférés avec la gentille conseillère, faire mon choix parmi la pile de bouquins posée sur la petite table basse, en reposer certains sur leurs étagères, la mort dans l'âme, en me promettant de revenir les chercher, en prendre d'autres sous mon bras, me diriger vers la caisse, le cœur battant, à l'avance excitée par la longue nuit blanche qui s'annonce, et me rendre compte, au pas de la porte, que le soleil est déjà couché, que le temps s'est arrêté dans cette adorable librairie où je me suis sentie chez moi le temps d'une après-midi...
Des personnages fuient leur Egypte natale pour tenter de se construire un avenir au sein d'une Amérique traumatisée par le 11 septembre. Certains par ambition de devenir médecins et revenir au pays la tête haute, d'autres pour fuir un régime tyrannique qui dresse des murs blindés face à leur envie de réussir, d'autres encore pour rejoindre un eldorado où les promesses de pouvoir et de fortune côtoient un racisme persistant et un malaise ambiant...
En général, quand je lis un auteur pour la première fois, et qu'il me plaît, je me précipite immédiatement vers la librairie pour acheter un autre de ses livres. Et je le dévore. Sauf que, comme pour toute chose en ce monde, plus on aime les premiers, plus on est déçus par les deuxièmes ...Malgré tout, j'ai tellement été séduite et disons le carrément, bouleversée par le Livre de Saphir de Gilbert Sinoué, que la déception provoquée par l'Ambassadrice ne m'a pas empêchée d'en acheter un troisième, puis un quatrième. Et là, bonjour les dégâts !
Je viens à peine de terminer ce petit bouquin que je me précipite déjà sur mon ordi pour en parler. Je me sens intriguée. Il est différent de tout ce que j'ai lu auparavant.
Lorsque j'ai vu le livre posé sur une étagère, j'ai été immédiatement attirée par son format, la couleur rose bonbon de sa couverture, ses 600 pages qui me promettaient de longues et délicieuses nuits blanches, et surtout son titre. « Physique des catastrophes » sonnait juste ce qu'il faut de mystérieux pour susciter mon intérêt. En revanche, le résumé m'a aussitôt refroidie. Suivre les pérégrinations d'une adolescente en mal d'attention sur fond de polar à la sauce estudiantine me paraissait d'un intérêt limité. J'ai finalement été encouragée par la mention « sélectionné par New York Times Book Review parmi les 5 meilleurs romans de l'année 2006 » et je l'ai pris, pour le commencer sitôt arrivée chez moi.



